dimanche

Le billet de France Guillain

... J'ai relu, après 40 années, deux livres pleins de bon sens. Deux livres qui m'ont fait comprendre, sentir, éprouver à quel point le monde que nous vivons est à portée de nos mains. A quel point nous ne sommes pas les victimes d'une grande machination incontrôlable. Comprendre que, malgré des apparences parfois accablantes, nous possédons en nous, au plus profond, toutes les clés d'un monde meilleur. Que nous n'avons pas à attendre que d'autres le fassent pour nous. J'ai lu et relu Une société sans Ecole, écrit en 1971 et Némésis médicale, l'expropriation de la santé, rédigé en 1975, d'Ivan Illich. Si vous les trouvez, lisez-les. Le moment est venu pour nous tous de mettre en oeuvre ce que ce grand penseur, ce visionnaire a écrit. Il nous explique très clairement que nous n'avons pas à attendre de quiconque, d'aucun leader, d'aucun élu, d'aucun chef d'état la moindre transformation efficace de notre monde. Que tant que chacun de nous n'aura pas fait sa propre révolution intérieure, tant que chacun de nous ne prendra pas en charge tout de suite et de manière concrète son voisin, nous continuerons d'élire des gens qui nous ressemblent. Qui attendent tout de l'autre. (...) Ivan Illich nous dit que le vrai changement du mode vie dans un pays passe par la révolution intérieure de chacun. Que, sans cette révolution, rien ne se fera...

lire l'intégralité de l'article : http://www.ecolomag.fr/?ACCUEIL/DERNIER_NUMERO

Ivan Illich

Ses premiers ouvrages visent à démontrer que les « outils » (entendre par là les « institutions » et autres grandes « machines » sociales, comme l’Eglise, l’Ecole, l’Hôpital, les Transports, etc.), passé un certain seuil, deviennent contre-productifs - d’une « contre-productivité paradoxale », précise-t-il, car non voulue par leurs concepteurs. Plus un système technique progresse, plus la part d’hétéronomie de l’individu lambda s’accroît, et plus sa part d’autonomie décroît, le laissant de plus en plus dépendant de ce qu’il ne peut maîtriser : l’énergie nucléaire, l’autoroute, la chimiothérapie, les manipulations génétiques, etc.
Derrière des constats trop vite simplifiés par ses supporteurs, comme « l’école déscolarise », « l’hôpital rend malade », « la voiture entrave la circulation », on trouve une remarquable critique du « progrès » et de ce qui le légitime, la satisfaction des prétendus « besoins ». Ivan Illich refuse l’angle d’attaque des membres du Club de Rome qui, en 1972, invitent les dirigeants à arrêter la croissance afin de retarder la pénurie des matières premières et de réduire le gaspillage des réserves énergétiques. Il ne croit aucunement en une quelconque « protection de la nature » et dénonce le déploiement inconsidéré des techniques ainsi que l’économie politique du développement, que des auteurs comme René Passet et Serge Latouche vont reprendre et approfondir. Ces livres sont à lire ensemble, tant ils appartiennent au même projet : la libération totale de la singularité de chaque individu - quels que soient sa culture, ses revenus, sa place dans le système productif, etc.

Consulter l'article : http://www.monde-diplomatique.fr/2003/01/PAQUOT/9866

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